La médecine face à l’instinctothérapie

![!NOTE] Rejet très général des idées nouvelles par la médecine institutionnelle : cas de Harvey. Progrès thérapeutiques, mais taux d’incidence qui se maintiennent, traitements qui empoisonnent l’existence, arrivée aux 3e et 4e âges dans un état de délabrement, connaissance des taux d’incidence pronostics qui entretient souvent l’angoisse.

L’instinctothérapie a été souvent considérée comme une antithèse, voire une concurrente de la médecine.

La question est de savoir ce qu’on appelle « médecine ». L’arrêt du tabagisme améliore l’état des voies respiratoires et fait rapidement baisser la probabilité de cancer. Peut-on dire qu’il constitue une médecine ?

Le Petit Robert donne la définition suivante : Science, ensemble de techniques et de pratiques qui a pour objet la conservation et le rétablissement de la santé ; art de prévenir et de soigner les maladies de l’homme. Technique médicale particulière.

La suppression d’une cause de maladies entre-t-elle dans le cadre de cette définition ? Exemple : arrêter de fumer peut avoir pour objet la conservation et le rétablissement de la santé, c’est un moyen de prévenir des maladies. Mais il s’agit de supprimer un facteur pathogène, non d’intervenir avec les moyens classiques de la médecine, qui consistent à établir un diagnostic et à prescrire un traitement.

Le cas est formellement identique avec l’instinctothérapie : il s’agit simplement de supprimer les facteurs pathogènes (avérés ou potentiels) de l’alimentation traditionnelle en appliquant les règles naturelles de l’alimentation et de l’équilibration nutritionnelle, et non de prescrire un aliment particulier dans le but de guérir une maladie. L’action thérapeutique de la méthode n’est pas tributaire d’un diagnostic, ni d’une erreur de diagnostic, car l’organisme parvient à trouver par lui-même les substances dont il a besoin pour assurer son fonctionnement optimal. Cette action est double : d’une part, les facteurs pathogènes inhérents à l’alimentation ordinaire sont éliminés ; d’autre part, l’organisme peut bénéficier de l’action thérapeutique des nombreuses substances contenues dans les aliments naturels, aux moments favorables et dans les doses adéquates.

Ce tableau est celui de ce qu’a toujours été la nutrition avant que l’homme ne vienne contrecarrer les lois naturelles de la nutrition. Il s’agit en fait d’une normalisation spontanée du processus nutritionnel, l’instincto ne fait que définir le cadre dans lequel cette normalisation est possible.

En d’autres termes, un traitement médical, qu’il soit allopathique ou parallèle, ajoute aux artifices de l’alimentation ordinaire un ou plusieurs artifices supplémentaires susceptibles d’en contrer les effets, alors que l’instincto se contente de supprimer les causes des différentes pathologies d’origine alimentaire. C’est certainement une voie de guérison naturelle, mais on ne peut pas vraiment parler de médecine, ni même de médecine naturelle. Il s’agit en fait d’une hygiène alimentaire naturelle, voire de la seule hygiène alimentaire conforme aux lois naturelles de la nutrition. On voit immédiatement qu’il n’y a aucune incompatibilité de principe entre un traitement médical et la naturalisation de l’alimentation.

Enseigner une alimentation naturelle n’a pas été considéré par la justice comme une pratique illégale de la médecine, notamment en Suisse et en Allemagne, alors que la justice française a estimé que le fait même qu’une correction de l’hygiène alimentaire puisse avoir des effets thérapeutiques constituait en soi une forme de médecine, l’aspect prescriptif étant constitué par le fait de recommander une forme d’alimentation quelle qu’elle soit en laissant entendre qu’elle peut être favorable à la santé.

Il est pourtant légitime, voire impératif, d’informer le public sur les effets positifs de l’alimentation naturelle, et d’en décrire les principes fondamentaux. C’est bien là tout l’enjeu de l’instincto : elle ne fait que définir les lois naturelles de l’alimentation et préciser leurs modalités d’application. Il est possible que certains représentants du corps médical, outre ceux qui refusent d’emblée tout ce qui peut remettre en cause leurs certitudes, y voient une forme de concurrence déloyale, consistant à leur faucher l’herbe sous les pieds en supprimant trop radicalement les facteurs pathogènes liés à l’alimentation traditionnelle.

Comme le dit l’aphorisme bien connu : « le tiers de ce qu’on mange sert à nourrir le corps, les deux autres tiers à nourrir le médecin ».

Tout humour mis à part, notons que l’action médicale en soi, permettant à des personnes souffrantes de se reproduire, court-circuite les mécanismes naturels de la sélection naturelle. Elle induit une dégénérescence du patrimoine génétique humain à laquelle nul ne sait proposer de solution éthiquement acceptable. Le phénomène est aggravé par l’effet génotoxique des aliments dénaturés, sources de mutations plus fréquentes. La multiplication des maladies engendre à son tour une sophistication croissante de la médecine, d’où une spirale à laquelle seule la faillite des organismes d’assurance pourrait mettre fin. Le bilan général serait certainement plus positif si l’on se passait des maladies générées par les pratiques culinaires, et que la médecine n’ait plus qu’à s’occuper des accidents et des maladies « naturelles », à l’exception même des maladies utiles, qu’elle nous apprendrait à respecter et contrôler afin de mieux assurer notre santé.

Le cas Besuchet

Afin d’illustrer la manière dont les institutionnels réagissent face à des faits dérangeants, je citerai juste au passage un article concernant un cas très étonnant de régression de métastases dans un tératome trophoblastique indifférencié1. Cet article, relatant la prise de position de la Ligue suisse contre le cancer, racontait qu’un certain Jean-Jacques Besuchet aurait commencé l’instinctothérapie trois semaines avant d’être opéré, aurait ensuite, toujours sous instincto, développé deux métastases pulmonaires, puis que ces métastases auraient disparu spontanément, pour faire place six ans plus tard à un cancer médiastinal de nature non diagnostiquée. La conclusion est que le régime alimentaire ne pouvait pas expliquer la disparition des métastases, celles-ci étant apparues sous instincto, et que le nouveau cancer aurait pu révéler un effondrement des défenses après six ans de régime cru.

Or, la réalité est toute différente : Comme il le raconte dans son livre Cap sur la vie2, Besuchet a pris contact avec mon Centre d’écologie alimentaire de l’époque trois semaines avant l’opération. Mais il n’a pas pris la décision de changer son alimentation, étant convaincu que la médecine le tirerait d’affaire. Un an et demi plus tard, malgré une longue et pénible chimiothérapie, les radios révélaient les deux métastases pulmonaires. Se sentant acculé, il a alors décidé d’appliquer la méthode, et a vu ses métastases fondre progressivement, de sorte qu’il n’en restait plus trace après neuf mois d’instincto stricte. Sans récidive au bout de cinq ans, ses médecins lui confirmaient que la guérison était acquise.

Quelques années plus tard encore, déstabilisé par une difficile histoire d’amour (sa partenaire exigeait qu’il reprenne l’alimentation normale), il abandonnait l’instincto. Après un an d’alimentation classique, il développait un nouveau cancer (un carcinome, sans aucun rapport avec son tératome), dûment diagnostiqué par son médecin, et décédait dans une attitude suicidaire liée à son chagrin d’amour.

Je laisse chacun tirer ses propres conclusions.


  1. Jallut O. [Instinct therapy–raw food with meat with exclusion of milk products. Report no. 16]. Schweizerische Rundschau fur Medizin Praxis = Revue suisse de medecine Praxis. 1989;78:697–701. ↩︎

  2. Besuchet J-J. Cap sur la vie l’histoire d’une guérison. Scarabée; 1984. ↩︎