Instincto et le Bio

Les produits biologiques sont-ils nécessaires à la pratique de l’instincto ? Du point de vue théorique, ils en sont indissociables, puisque le principe même de la démarche consiste à supprimer toute altération des aliments susceptible de perturber l’organisme, avant d’avoir été démontrée analytiquement. C’est donc la définition même de la méthode qui implique l’exclusion des produits altérés par des traitements chimiques ou autres, telle l’irradiation, la surgélation, etc.

Dans la pratique, l’utilisation de produits de l’agrochimie est-elle possible ? Quels en sont les inconvénients ?

Il est donc possible, faute de mieux, de pratiquer l’instincto avec les aliments du marché, mais les résultats ne seront pas les mêmes : déséquilibre alimentaire, tendance inflammatoire mal contrôlée, insatisfaction larvée risqueront de miner la pratique quotidienne. Mieux vaut donc prévoir un approvisionnement biologique, et ne recourir à des aliments du marché agrochimique que lors de voyage ou de périodes courtes où l’approvisionnement bio est techniquement impossible.

Sur le plan du prix de revient, les aliments du marché ordinaire sont certes un peu moins coûteux que les aliments bios, mais leur manque de saveur, la moins bonne digestion et l’insatisfaction physiologique font qu’on a tendance à en consommer des quantités plus grandes : finalement, ils peuvent coûter plus cher, sans compter les nuisances sur la santé.

On trouve les produits bio de plus en plus facilement, même dans les supermarchés, et çà des prix de plus en plus raisonnables. Les labels garantissent leur authenticité,

S’approvisionner en bio est par ailleurs capital pour la préservation de l’environnement. Vous oeuvrerez donc pour les générations futures en évitant les produits de l’agrochimie.

Toutefois, les principes de la culture biologique ne résolvent pas forcément tous les problèmes. Ils ne tiennent notamment pas compte des effets de la cuisson ou des séchages à haute température. Or, l’exposition des substrats alimentaires à la chaleur provoque des réactions chimiques complexes, faisant apparaître tout un éventai de molécules qui n’existent pas dans les cycles nutritionnels naturels. La cuisson des aliments génère de nombreuses molécules imprévisibles (Espèces Chimiques Nouvelles), pour lesquelles notre organisme n’est pas génétiquement prévu. Cetaines de ces substances ne seront pas dégradées par nos enzymes et pourront provoquer des troubles au même titre que les molécules produites par l’industrie chimique. Les traitements thermiques font de la cuisine la première industrie chimique à grande échelle, et les conséquences de ces pratiques sont encore mal connues.

En vertu du principe de précaution, indispensable si l’on veut faire disparaître tous les troubles imputables à la dénaturation culinaire même si leurs mécanismes ne sont pas encore ou ne seront jamais tirés au clair, l’instincto recommande donc d’éviter non seulement les artifices chimiques et autres condamnés par la culture biologique, mais également les procédés thermiques qu’elle n’a jusqu’ici pas mis à l’index.