Instincto et Boisson

Quelles sont les boissons que l’on trouve dans la nature ?

Il y a d’abord l’eau. La plus pure devrait être l’eau de pluie, telle que nos ancêtres la récoltaient dans les creux des feuilles ou des rochers. L’eau que nous apportent les nuages est en principe de l’eau distillée, sans aucune teneur en minéraux. Malheureusement, à l’ère des fumées d’usines, elle ne peut plus être considérée comme la panacée. Dans certaines régions, elle est carrément non potable. L’eau des glaciers que l’on retrouve dans les rivières de montagne est aussi très peu minéralisée. La fonte des glaces anciennes nous donne une idée de la pureté qui était la sienne avant la pollution.

Les eaux de source sont plus minéralisées, après avoir passé par des couches géologiques de sable ou de roches perméables. Elles contiennent parfois du gaz carbonique, qui les rend agréablement pétillante. Les eaux dites minérales contiennent par définition beaucoup de sels minéraux, certaines se voient attribuer des propriétés thérapeutiques. Certaines eaux naturelles sont en revanche très calcaires. Les eaux en bouteille peuvent contenir du gaz carbonique soit d’origine naturelle, soit injecté ce qui les rend souvent trop fortement gazeuses.

Comment choisir l’eau minérale qui vous convient le mieux ?

Il peut être nuisible d’absorber régulièrement les mêmes sels minéraux. Cela peut être évité simplement en disposant d’une gamme d’eaux minérales de teneurs différentes, ou en les permutant au cours du temps. Le sens du goût et l’alliesthésie gustative régleront les apports adéquats, il suffira de consommer l’eau la plus agréable en bouche. Veiller à disposer d’une eau très faiblement minérale parmi les autres, voire d’eau distillée, au cas où existerait une saturation en sels minéraux. En revanche, s’obliger à ne boire que de l’eau distillée, ou toujours la même eau de source peut être déséquilibrant. Cela peut conduire à ne pas boire suffisamment. S’obliger à boire de

Le sens du goût est là pour assurer les bons choix, bien qu’il fonctionne mal avec les eaux fortement gazéifiées. Pour s’assurer qu’une eau gazeuse naturelle ou gazéifiée ne contient pas de sels minéraux indésirables, il suffit de la remuer dans le verre pour éliminer le gaz, le goût qu’on lui trouve alors indique si elle correspond à l’état momentané de l’organisme. On constate effectivement que ce goût peut passer de l’agréable au désagréable après une consommation trop systématique d’eaux contenant de mêmes minéraux.

Lors de l’introduction sur le marché de l’eau en bouteilles de plastique, de grandes inquiétudes se sont fait jour quand à l’accumulation dans le foie ou d’autres organes de molécules de plastique dissoutes. Ces craintes ne semblent pas s’être concrétisées. Mieux vaut toutefois préférer les bouteilles de verre afin d’éviter l’accumulation de plastique dans l’environnement.

Que penser de l’eau du robinet ?

Le gros problème est sa teneur en chlore, méthode de conservation venue d’Amérique qui s’est répandue après la dernière guerre. Les composés de chlore sont très toxiques, de sorte qu’il vaut mieux s’assurer que l’eau du robinet n’en contient pas. Il suffit de la faire couler aussi fort que possible et de contrôler immédiatement son odeur. Le chlore qui s’évapore a une odeur très reconnaissable (chacun connaît l’odeur classique des piscines publiques).

D’autres techniques de conservation (acrylamide, brome) doivent également être évitées si possible, la désinfection par ultraviolets ne semble quant à elle pas poser de problème, mais elles encore rarement utilisée. Les eaux des réseaux urbains, comme d’ailleurs celle des puits, est souvent fortement calcaire, ce qui n’est pas non plus recommandable et peut conduire soit à des accumulations dans l’organisme, soit à boire trop peu.

Combien d’eau doit-on boire ?

Boire trop peu peut causer de graves dommages par déshydratation, boire trop est nuisible pour les reins. On parle même d’intoxication par l’eau, un excès d’eau dans le sang pouvant induire des oedèmes cérébraux parfois mortels. Il est donc important de savoir reconnaître le juste besoin en eau, liquide primordial qui conditionne tous les processus vitaux.

L’odorat humain ne permet guère de reconnaître le besoin d’eau. Il existe heureusement une sensation de soif, bien que celle-ci ne soit pas très fiable, notamment chez les personnes âgées. Les nutritionnistes recommandent de boire un forfait d’un litre et demi par jour. La quantité utile varie cependant beaucoup en fonction de l’état de l’organisme et du reste de l’alimentation. Une déshydratation pouvant être extrêmement nocive, la meilleure solution consiste à boire d’abord le matin une quantité d’eau suffisante pour compenser l’évaporation nocturne. L’organisme indique cette quantité par une légère alliesthésie gustative : on ressent tout à coup davantage les goûts parasites (surtout avec l’eau du robinet !), ou un goût plus salé un peu désagréable.

Un autre signe est plus fiable : le réflexe de déglutition, très automatique lorsqu’on a besoin d’eau et donnant l’impression d’une grande facilité à avaler, comme s’il y avait beaucoup de place dans l’organisme pour accueillir le volume de liquide, fait place à une déglutition volontaire, que l’on reconnaît à une légère sensation de boule au fond de la gorge au moment d’avaler. Une sensation de boule au niveau de l’estomac signifierait qu’on a nettement forcé la dose, tout comme un hoquet avec remontée de liquide.

Troisième signe d’équilibre hydrologique : les muqueuses sécrètent davantage d’humidité dès que le besoin en eau est couvert. On constate par exemple que des croûtes recouvrant la muqueuse nasale se détachent spontanément, que le chat dans la gorge s’élimine sans peine, que les yeux sont mieux hydratés, qu’une douleur rectale s’efface, etc.

Doit-on boire avant, pendant ou après les repas ?

Il ne faut jamais boire pendant des repas d’aliments crus. Cela ne ferait que perturber la digestion, déclencher des fermentations reconnaissables par des renvois d’air malodorants ou par des flatulences, voire des crampes d’estomac ou des douleurs intestinales. Si le repas ne comprend que des aliments séchés, par exemple en voyage ou en montagne faute d’approvisionnement frais, il est possible de boire après le repas, quitte à limiter la quantité d’eau en fonction de la sensation de soif.

La bonne règle est de toujours boire avant les repas, afin de s’assurer de ne pas rechercher l’eau dans des fruits ou légumes juteux, ce qui pourrait conduire à une surcharge de sucres ou d’acidité. L’ancienne croyance selon laquelle boire avant les repas produisait une dilution des sucs gastriques s’est avérée illusoire, car ces sucs sont sécrétés au fur et à mesure de l’ingestion. Mieux vaut toutefois laisser passer quelques minutes, de manière à ne pas noyer les premières bouchées, le temps que l’eau qui vient d’être bue soit absorbée dans le sang (processus très rapide).

Après le repas, il faut attendre au moins une heure avant de boire à nouveau, à moins d’avoir une intense sensation de soif, auquel cas on boira le minimum pour la faire disparaître, quitte à faire le plein d’eau quelques heures plus tard.

Existe-t-il d’autres boissons naturelles ?

Les fruits, les agrumes, les melons, les pastèques sont très riches en eau. Il ne faut en revanche pas presser des fruits pour en extraire le jus : l’expérience montre que la régulation alliesthésique n’est plus efficiente.

Les seuls jus naturels que nous offre la nature sont l’eau de noix de coco et la sève de palmier.

Ces liquides biologiques ne sont en revanche pas comparables à l’eau et ne peuvent pas la remplacer. Ils ont d’importantes propriétés hydratantes, qui les rendent parfois indispensables, notamment pour les personnes âgées. L’eau de la noix de coco fraîche n’a pas non plus les mêmes propriétés que celle des noix de cocos dites sèches, où elle se trouve plus concentrée. La sève de palmier se récolte en faisant une entaille à la base d’une palme, sur le palmier cocotier ou certaines autres palmiers. Le fait de devoir entailler la branche pourrait sembler artificiel, mais on observe que les primates vivant à l’état sauvage savent très bien gratter l’écorce des palmiers et lécher longuement les gouttelettes qui perlent. La sève doit se consommer fraîche (ou transportée sous réfrigération bien contrôlée), sinon elle fermente rapidement et devient toxique.

Eau de coco et sève de palmiers ont des saveurs très attirantes lorsque l’organisme en a besoin ; la négativation alliesthésique se traduit par une saveur herbeuse ou âcre très nette. La régulation s’effectue donc très automatiquement.

Combien d’eau faut-il boire par jour et à quels moments de la journée ?

La quantité totale bue en une journée est d’environ 1½ l en moyenne. Elle varie d’un jour à l’autre et d’un individu à l’autre sous l’effet de différents facteurs : de l’état de l’organisme (il faut plus d’eau en cas d’attaque virale, de fièvre, de réaction allergique, etc.), de l’apport en eau des aliments, de la quantité d’aliments secs, de la sécheresse de l’air. La sensation de soif est là pour nous l’indiquer, mais elle intervient parfois tardivement, notamment chez les personnes âgées.

L’alliesthésie gustative permet également de reconnaître le besoin en eau : le goût de l’eau, bien que très léger, varie en fonction du besoin. Il faut d’abord commencer à boire en prenant bien conscience des saveurs ressenties, celles-ci se modifieront au moment où le besoin est couvert. On remarquera par exemple davantage les goûts parasites de l’eau, des contenus minéraux paraissant plus salés, ou l’eau paraîtra paradoxament « sèche » sur la langue, c’est-à-dire qu’elle fera une impression légèrement corrosive.

Parallèlement, la couverture du besoin est signalée par le ralentissement du réflexe naturel de déglutition. L’eau s’avale en effet plus facilement lorsque le corps en a besoin, car les automatismes de déglution répondent à la présence d’eau dans la gorge. Lorsque le besoin est couvert, il est toujours possible d’avaler volontairement, mais l’absence du réflexe naturel donne l’impression d’une légère résistance à la déglutition, un peu comme si l’on avalait une bulle d’air. Mieux vaut donc s’arrêter dès que survient cette sensation, quitte à tenter à nouveau sa chance un peu plus tard.

Il faut toujours commencer la journée par une quantité d’eau suffisante pour compenser la déshydratation nocturne (perte d’eau par la respiration, la sudation et l’urine). Il peut même être utile de boire de petites quantités lors de réveils nocturnes. Il faut également “faire le plein” avant les repas, de manière à éviter de manger trop par besoin d’eau. L’ancienne croyance qui voulait que l’eau absorbée avant les repas dissolvait les sucs gastriques s’est révélée fausse, ces sucs étant sécrétés au moment de la consommation de chaque aliment (comme l’est la salive).

Mieux vaut en revanche généralement ne pas boire après un repas d’aliments frais, un mélange d’eau et de fruits ou légumes dans l’estomac pouvant provoquer des fermentations et autres troubles digestifs. Il est plus prudent d’attendre que le travail digestif soit suffisamment avancé, ce qu’on ressent à la dispariton des arrières-goûts (en principe agréables) qui subsistent dans la gorge pendant la partie la plus active de la digestion.

Notons encore que l’eau s’intègre mieux au travail digestif si l’on prend la peine de l’insaliver. Attendre que la gorgée soit mélangée à la décharge salivaire qui se produit automatiquement à son contact sur la muqueuse buccale avant de l’avaler.

Il existe toutefois d’autres boissons naturelles. Les principales sont l’eau de la noix de coco et la sève de palmier. Ces deux liquides peuvent être considérés comme « originels », donc adaptés à la génétique humaine, car ils se trouvent sans artifice dans la nature. On voit par exemple des orangs-outangs gratter le tronc d’un palmier et lécher longuement la sève qui s’écoule. Les primates raffolent également de l’eau de coco. L’alliesthésie gustative indique avec précision la couverture du besoin, la saveur d’abord délicieuse, souvent chocolatée, fait place à des goûts âcres ou herbeux qui marquent clairement la limite.

En revanche, le lait de coco est un mélange d’eau de coco et de graisse extraite de la chair, il déjoue les mécanismes alliesthésiques et ne convient pas à la pratique de l’instincto.