Instincto et budget
S’équilibre sans se ruiner
Manger des fruits plutôt que du pain, des pâtes et du sucre industriel revient sans doute plus cher à calories égales. Manger des produits biologiques alourdit encore le budget. Mais ces calcul n’ont aucun sens, car beaucoup de dépenses annexes découlent de l’alimentation traditionnelle.
Il est vrai que par exemple les Français consacrent une part plus infime que jamais de leur budget à l’alimentation. De x% dans les années 60, ils sont passés à y%, grâce aux prix de supermarché, aux productions industrielles, aux lois de la concurrence, et à toute une série de facteurs qui ont permis de réduire le budget des familles. En valeur absolue, il faut compter par personne et par mois entre ….. et ….. suivant la qualité de l’alimentation.
Quel est le coût d’une alimentation instincto ? Il dépend de la palette que l’on décide de s’accorder. La recherche spontanée du maximum de plaisir peut pousser à édulcorer toujours davantage la palette quotidienne. Si l’on veut avoir régulièrement sur la table toute une gamme de fruits exotiques parmi les plus rares, le budget peut grimper au-delà de toute limite. Ce n’est d’ailleurs par forcément meilleur pour la santé. Laissons cela aux milliardaires.
Mieux vaut s’en tenir à un choix suffisant, qui reste dans les limites du standing personnel. Il faut se dire que dans la nature, nos ancêtres ne trouvaient pas non plus tous les jours les produits les plus succulents. Une certaine limitation appartient donc aux lois naturelles, et s’avère d’ailleurs plus favorable à l’équilibre nutritionnel.
Pratique
- Première règle : il ne faut pas vouloir avoir sur la table tous les jours et en toutes saisons la palette complète de l’année. Mieux vaut faire alterner les diverses espèces de fruits, légumes, oléagineux en fonction des saisons, et en fonction des attirances olfactives. Lorsque l’organisme éprouve un besoin important, les aliments qui y répondent sont particulièrement attirants : on peut parler de phase lumineuse, tellement ils enchantent alors les sens. Il faut donc se laisser guider par les variations alliesthésiques pour choisir les produits les plus utiles, tout en tenant compte des prix de saison.
- Deuxième règle : mieux vaut mettre sur la table des produits régionaux. On parle aujourd’hui de locavores, c’est en effet une règle de sagesse de se contenter de produits locaux. Cela évite les frais de transport, les problèmes de conservation, la pollution, et garantit le suivi des saisons. Du point de vue du budget, c’est évidemment la meilleure solution.
- Troisième règle : tous les produits nécessaires à un équilibre nutritionnel satisfaisant ne poussent malheureusement pas sous nos latitudes. Afin de s’assurer de ne pas manquer de certains aliments importants pour la santé, la solution la plus économique consiste à les faire défiler de semaine en semaine sur la table, en quantités raisonnables. Un fort appel alliesthésique poussera à se procurer une plus grande quantité du produit, puis la couverture du besoin fera décroître l’attraction (moins de phase lumineuse), il serait alors inutile de faire des frais pour un apport non indispensable, mieux vaut passer à d’autres produits moins coûteux, sous réserve d’une attraction suffisante.
- Quatrième règle : éviter toute tendance à la goinfrerie. Manger trop d’un produit diminue la qualité de la digestion, d’où une sensation de manque par la suite, et tendance à forcer de nouveau les rations. Afin d’éviter ce cercle vicieux, mauvais pour la santé autant que pour le porte-monnaie, il faut respecter scrupuleusement les sensations de négativation alliesthésique, et surtout de réplétion. Toute bouché que l’on avale alors qu’elle n’est plus agréable au goût, ou que l’on ressent même légèrement l’existence de l’estomac, est une bouchée perdue, nuisible pour la santé, et nuisible pour le budget. La crainte de dépenses inutiles peut d’ailleurs aider à respecter les signes de réplétion. Attention aussi de ne pas manger trop de produits différents en un même repas, et de ne pas se lancer dans des associations alimentaires défavorables.
- Cinquième règle : apprendre à bien conserver les produits. Les différents fruits et légumes ont des températures idéales de conservation différentes, il faut les stocker dans différents niveaux du réfrigérateur, les laisser mûrir suffisamment avant de les réfrigérer, les aérer plus ou moins suivant les cas. Il faut aussi surveiller les stocks, de manière à ne pas laisser pourrir un produit qui s’abime, car un foyer de pourriture s’étend vite. Une bonne technique de conservation permet de faire de substantielles économies.
- Sixième règle : dès qu’un produit menace de s’abîmer, par exemple si l’on aperçoit de petits points de pourriture ou de moisissure, il faut les enlever avec un couteau propre et placer le produit dans un courant d’air, de manière à faire sécher la blessure. Une petite pellicule se forme alors en surface, qui garantit la conservation aussi bien que la pelure elle-même. Certains fruits gagnent d’ailleurs en durée de conservation si on les épluche d’emblée entièrement, dès qu’ils sont mûrs, par exemple la papaye, le jackfruit, le cempedak, etc. Dans certains cas, la pelure peut effectivement servir de nid aux bactéries de la putréfaction, alors que la chair placée à l’air résiste beaucoup mieux. Un réfrigérateur avec ventilateur interne facilite ce genre d’opérations.
Septième règle : lorsque l’attirance pour un produit n’est plus suffisante, il est possible de le sécher, tel quel, coupé en tranches, épluché ou non suivant les cas. Le produit séché n’a plus la même valeur vitale que le produit frais, mais il pourra tout de même servir de complément, de réserve de voyage, de friandise pour les enfants, de stock pour les jours maigres, en cas de difficultés d’approvisionnement etc.
À ces sept règles peuvent s’en ajouter d’autres : 8. Ne pas s’imaginer faire des économies en mangeant le fruit entamé au-delà des signaux d’arrêt. Ce serait une double perte : le produit serait détruit inutilement, et la digestion perturbée, donc perte en argent et en santé. Même triple perte, car la saveur des autres produits consommés ensuite ou dans un repas suivant, ne sera pas aussi attractive, d’où une perte de plaisir indiquant le trouble digestif. La bonne technique consiste à s’arrêter au premier signal d’arrêt, à faire sécher la surface coupée dans un courant d’air, par exemple sous un ventilateur, puis à mettre le fruit entamé au frais, il se conservera aussi bien que le fruit entier. 9. Même principe avec les produits non consommés en fin de semaine : ne surtout pas se forcer à les avaler sous prétexte de rentabilité. Profiter de l’occasion pour les passer au séchoir et compléter la réserve de produits séchés.
Les produits bios sont plus chers, mais on en consomme moins en quantité. Le bilan est plutôt positif sur le plan du budget, et très positif sur le plan de la santé. Les produits de l’agrochimie provoquent en effet des difficultés de digestion, ils sont moins satisfaisants pour le palais et poussent à forcer la réplétion, voire à piocher dans les aliments cuits. Le prix des produits bio varient beaucoup sur le marché, il est important de trouver une série de producteurs à prix raisonnables.
Choisissez les produits à l’odorat sur les marchés : vous serez ainsi sûr qu’ils correspondent à vos besoins et que vous ne les achetez pas pour rien. Si vous devez nourrir une famille, votre odorat ne vaudra évidemment pas pour les autres, mais un contrôle olfactif vous garantira alors des produits de meilleure qualité et maturité.
Si vous disposez d’un terrain, n’hésitez pas à y créer un petit jardin, en veillant à respecter les règles de la culture biologiqe ou biodynamique, et à y planter des arbres et des buissons fruitiers. Au plaisir des produits gratuits s’ajoutera celui des produits maison : les saveurs de s produits de son propre jardin, cueillis fraîchement et bien mûrs, est une source de plaisir inimitable…