Instincto et Calcium

Les sciences de la nutrition nous enseignent que le calcium est un élément indispensable à la vie et à la croissance. On le trouve dans de nombreux liquides corporels associé à des protéines, il joue un rôle primordial dans la transmission de l’influx nerveux et dans la contraction des muscles, ainsi que dans la coagulation du sang. C’est aussi lui qui assure la minéralisation, donc la dureté des os et des dents (sous forme d’hydroxyphosphate de calcium). Il est apporté par l’alimentation. La vitamine D est indispensable pour le rendre utilisable et assurer l’équilibre du rapport calcium-phosphore, une carence en calcium sanguin pouvant être cause de rachitisme.

La diététique a toujours souligné le rôle du lait et des produits laitiers dans l’apport de calcium. Le lait de vache en contient trois fois plus que le lait maternel humain, d’où la recommandation des produits lactés pour les enfants. L’ostéoporose étant liée à une fuite de matière osseuse, les produits laitiers sont aussi présentés comme indispensables tout au long de l’existence et jusqu’à un âge avancé.

Ces recommandations paraissent surprenantes lorsqu’on sait que les hommes de la préhistoire ne disposaient pas de lait animal ni de produits laitiers. Leurs squelettes sont pourtant parfaitement constitués. Où trouvaient-ils donc les doses de calcium nécessaires ? Et l’apport de calcium est-il suffisant avec une palette alimentaire instincto qui exclut lait et produits laitiers ?

Une première réponse est apportée par le calcul des apports quotidiens : à partir des valeurs données par les tables de composants alimentaires, et connaissant les rations quotidiennes moyennes des différents aliments de la palette instincto, il est possible de calculer l’apport moyen de calcium. Les résultats montrent que les fruits, les légumes et les oléagineux couvrent largement les quantités recommandées par les nutritionnistes.

Une deuxième réponse est empirique : les enfants nourris sur le mode instincto développent un squelette parfaitement constitué, ils ne présentent en particulier aucun signe de rachitisme. Quant aux adultes, ils ne présentent aucun signe d’ostéomalacie. Des cas de régression d’ostéoporose ont pu confirmer ces observations.

La règle qu’il faut suivre pour garantir un apport suffisant de calcium consiste à disposer d’une palette suffisamment variée de fruits, légumes et oléagineux, et respecter scrupuleusement le guidage alliesthésique, l’organisme étant parfaitement capable d’assurer la régulation des différents apports nutritionnels.

Notons qu’il est possible que l’importance donnée au calcium par les diététiciens relève moins d’une réalité scientifique que d’une problématique publicitaire en faveur de l’industrie laitière. Il faut toutefois relever qu’une alimentation fondée sur la cuisson et la consommation de féculents et de viande peut induire une carence en calcium : les produits laitiers apparaîtraient alors comme un moyen de compenser le déséquilibre de l’alimentation traditionnelle.