Instincto et médecines naturelles
L’instincto s’est développée pendant la période où fleurissaient les médecines naturelles en France. Elle n’est cependant pas une démarche médicale, ni naturelle, ni allopathique, ni même un régime. Elle consiste essentiellement à définir et mettre en pratique les lois naturelles de l’alimentation, telles qu’elles ont au processus nutritionnel depuis que la vie existe sur terre.
Une médecine se définit par une démarche en deux temps : établir un diagnostic, et prescrire un traitement. C’est le cas dans les médecines naturelles, qui posent des diagnostics à partir de critères spécifiques (iridologie, réflexologie, méridiens, astrologie, etc.), ou parfois de critères classiques, et se distinguent ensuite par des traitements réputés naturels : homéopathie, phytothérapie, massages, ostéopathie, magnétisme… Dans la médecine classique, le diagnostic est établi sur la base de critères reconnus par le corpus médical, certainement les plus sûrs ; le traitement prescrit est le plus souvent pharmacologique, utilisant des molécules naturelles ou de synthèse avec les effets secondaires connus et inconnus que peuvent avoir des substances étrangères aux cycles biologiques naturels.
L’instinctothérapie consiste en revanche à définir les règles et les conditions de rapport à l’environnement qui garantiront le fonctionnement optimal de l’organisme, de manière que celui-ci puisse exprimer et couvrir spontanément ses besoins, notamment en matière d’alimentation. Ceci requiert des aliments non dénaturés, présentant des caractéristiques organoleptiques et biochimiques correspondant aux données sensorielles et métaboliques telles qu’elles sont déterminées par la génétique humaine. Le principe peut cependant être étendu aux autres conditions d’environnement : la qualité de l’air, le contexte microbien, la pollution sonore, le stress, le contexte social et affectif, ramenés aussi près que possible des conditions de vie naturelles, favoriseront les processus vitaux et par conséquent les processus de guérison.
Une fois ces conditions réalisées, le seul thérapeute est l’individu lui-même : en se mettant à l’écoute de son corps, il percevra alors de manière beaucoup plus fiable les signaux qui lui indiqueront les aliments, les simples, les temps de repos, les niveaux d’activité physique ou cérébrale, les types d’efforts et autres facteurs d’équilibre dynamique les plus favorables au maintien ou au rétablissement de la santé. Ceci n’exclut pas l’intervention de traitements médicaux, classiques ou naturels s’ils s’avèrent nécessaires, mais leur garantit une meilleure efficacité s’ils sont adéquats, permet de détecter plus rapidement un traitement inopportun, et bien souvent de limiter les doses, d’écourter la durée voire d’éviter un traitement, cela avec l’accord du médecin qui constatera par lui-même la régression des symptômes.
Notons que bien des médecines naturelles sont sujettes à caution. Aucun raisonnement fondé sur la biologie ne permet par exemple d’expliquer l’efficacité de l’homéopathie, de la lithothérapie, du magnétisme, etc. L’instinctothérapie est au contraire basée sur un raisonnement fondamental : celui de l’adaptation de l’organisme aux conditions d’alimentation et d’environnement primitives, doublé d’une vérification empirique systématique. En ceci, elle peut être qualifiée d’écologie alimentaire fondamentale.
L’instinctothérapie a dû sa notoriété des années 80 à la vogue des médecines naturelles, avec lesquelles les médias l’ont d’abord confondue. Le malentendu lui a ensuite porté préjudice, à travers les campagnes gouvernementales qui ont confondu cette fois les médecines naturelles avec des démarches sectaires, et logé l’instinctothérapie à la même enseigne. En France, après avoir été enseignée à la Faculté de médecines de l’Université de Bobigny, elle a subi les attaques des représentants aussi bien des médecines naturelles que de la médecine conventionnelle, se sentant les uns comme les autres concurrencés par une méthode dont les arcanes leur échappaient, relayés par des médias toujours à la recherche de scoops.
Espérons que ce site permettra de remettre les pendules à l’heure : l’instincto n’est ni une médecine, ni un régime, mais une démarche de santé fondée sur la réhabilitation des lois naturelles de l’alimentation et de l’écologie, et sur une [logique scientifique inattaquable][instincto-et-logique].