Instincto et Phytothérapie

La phytothérapie, utilisation des plantes médicinales, entre-t-elle en ligne de compte dans l’alimentation naturelle ?

La question ne se pose pas en ces termes car chaque aliment repéré par voie alliesthésique apporte au corps les éléments dont il a besoin pour assurer sa santé. On constate par exemple des besoins très différents de certains légumes ou autres produits naturels en cas de maladie : un appel inhabituel pour du persil en grande quantité (observé jusqu’à dix bottes en un repas), lors de tendances inflammatoires ou de problèmes autoimmuns, des douzaines d’oeufs en un seul repas lors de scléroses en plaques, etc. Ces « rations thérapeutiques » sont toutefois imprévisibles, il serait vain de les prescrire, car des conditions précises doivent être réalisées avant que l’organisme soit capable de les supporter digestivement et d’en tirer profit.

Ainsi, l’expérience montre que chaque aliment naturel consommé en fonction de la régulation alliesthésique est un aliment-médicament. La question de la phytothérapie se formule dès lors différemment : est-il nécessaire de recourir à des plantes médicinales en plus des vertus thérapeutiques des aliments naturels ? Et dans quelle mesure l’alliesthésie olfactogustative est-elle en mesure d’opérer la sélection et le dosage de ces herbes ou racines constituant la pharmacopée naturelle ?

Ceci renvoie à une autre question : où faire passer la limite entre les aliments naturels et les plantes médicinales, ou encore les épices et les condiments ? En fait, il n’y a pas de limite franche, si ce n’est la faible quantité nécessaire de certains aliments et la rareté de leur attractivité. L’oignon par exemple change assez rarement de saveur, mais il peut arriver qu’on en mange plusieurs en un même repas, on le classera donc plutôt dans les aliments ; la camomille ne se fait guère plus souvent attirante, mais la consommation se réduit très généralement à quelques fleurs, de sorte qu’on pourra parler de plante médicinale.

Il résulte de ce qui précède que la phytothérapie est incluse dans les principes mêmes de la pratique instincto, ce qui incite à tenir à disposition de l’organisme non seulement les aliments naturels, fruits, légumes, etc. mais aussi les plantes de la pharmacopée naturelle que l’on peut se procurer. Dans tous les cas, c’est l’alliesthésie olfactogustative qui assure les « prescriptions », c’est-à-dire la sélection des éléments utiles et leur dosage souvent très faible avec les plantes médicinales.

Pratique

On peut appliquer la « phytothérapie instinctive » sur deux modes : lors de toute excursion dans la nature, profiter de l’occasion pour tester les odeurs des différentes plantes rencontrées, notamment celles dont on sait qu’elles ont de vertus thérapeutiques.

À domicile, la meilleure méthode consiste à disposer d’un choix de plantes médicinales séchées à température ordinaire (un séchage à chaud déjouerait les mécanismes alliesthésiques), conservées séparément dans des pots absolument hermétiques, de manière à ce qu’elles ne perdent pas leurs propriétés par évaporation ou réaction chimique avec d’autres essences ; il suffit alors de passer sous le nez de temps à autres, notamment en cas de trouble ou de sensation de manque, chacun des pots brièvement débouché. On remarquera des variations d’attractivité en fonction du temps, certaines herbes ou racines généralement repoussantes se faisant soudainement plus agréables. Le test gustatif de la plante sélectionnée indiquera l’utilité d’absorber une certaine quantité des essences actives par succion et mastication (quitte à recracher les parties dures). Le virage au désagréable interrompra l’absorption après une dose impossible à prévoir mentalement.

Il faut toutefois être particulièrement prudent avec les plantes réputées toxiques, ne pas les utiliser, ou s’assurer auprès d’un médecin phytothérapeute de la dose maximale recommandée, qu’il ne faudra pas dépasser pour des raisons de sécurité.