Instincto et protéines

Les protéines sont indispensables à la vie. La question est de savoir quelles sont les sources naturelles de protéines les mieux adaptées à la génétique humaine. Nous touchons là à un vieux problème : celui du végétarisme et du végétalisme.

L’homme doit-il impérativement consommer des protéines animales ? La viande fait-elle partie de sa palette alimentaire primitive ? Quels sont les types de viande qui lui conviennent le mieux ?

L’approche théorique nous enseigne que les protéines sont constituées d’acides aminés, molécules relativement simples, dont certains sont dits essentiels, c’est-à-dire qu’ils sont indispensables à certains mécanismes vitaux, mais que l’organisme n’est pas capable de les synthétiser lui-même. Il faut donc les trouver dans les aliments.

C’est en assemblant les acides aminés, suivant les séquences indiquées sur les gènes, que l’organisme constitue les protéines spécifiques nécessaires à son fonctionnement (construction des cellules, anticorps, hormones, hémoglobine, etc.). On dénombre une dizaine d’acides aminés essentiels : la lysine, le tryptophane, la valine, l’histidine, la leucine, l’isoleucine, la phénylalanine, la thréonine, la méthionine et l’arginine.

Il suffit que l’un seul de ces acides aminés vienne à manquer pour faire échouer les mécanismes où il intervient. Si l’organisme ne dispose que de la moitié des quantités nécessaires de lysine, par exemple, il ne pourra utiliser que pour moitié les autres acides aminés (loi du minimum), d’où un affaiblissement général de nombreuses fonctions vitales.

Or, les protéines animales sont deux à trois fois plus riches en lysine que les céréales et que les oléagineux. Les fruits n’en contiennent pas. C’est au déficit en lysine et à l’absence de vitamines B12 que se réfèrent principalement les adversaires des régimes végétaliens. Les végétariens les trouvent dans les produits laitiers. Les légumineuses et certains légumes contiennent des quantités appréciables de lysine.

En ce qui concerne l’instincto, essentiellement fruitarienne (consommation moyenne de deux fois plus de fruits que de légumes et absence de céréales et de produits laitiers), un apport suffisant de protéines animales doit être assuré. Les variations alliesthésiques se chargent de manifester les besoins exacts, à condition de dépasser les blocages psychologiques ou physiologiques qui peuvent parfois inciter à ne pas interroger les sens et à oublier trop longtemps une classe de produits, et à respecter scrupuleusement les signaux d’arrêt. Les abats, comme le foie ou les rognons sont parfois bénéfiques grâce à leur teneur spécialememnt élévée en substances utiles (notamment en vitamine B12).

Il faut en revanche veiller à ne pas induire de surcharge de protéines : le simple fait de savoir qu’elles sont indispensables peut porter à en pousser la consommation au maximum des répulsions alliesthésiques. Or, une surcharge de protéines, notamment animales, peut induire des troubles plus ou moins graves suivant les prédispositions de chacun, notamment des réactions auto-immunes, des croissances tumorales, etc.

L’expérience montre que les viandes d’animaux domestiques, boeuf, mouton et porc, « trompent » facilement les mécanismes alliesthésiques, c’est-à-dire qu’ils conservent une saveur passable alors même que le besoin de protéines est largement couvert. Ceci s’explique par le fait qu’ils ont été sélectionnées au cours des millénaires par les éleveurs, de manière à être aussi agréables que possible au goût, cela sans tenir compte des besoins réels en protéines. Ils n’ont ainsi, même en cas de surcharge, plus les saveurs répulsives qui devraient en limiter la consommation.

Si l’on consomme lors d’un même repas du bison, et que l’arrêt alliesthésique limite la ration à un certain volume, il est possible ensuite d’absorber encore une quantité double ou triple de boeuf sans buter sur un goût franchement désagréable. Les viandes sauvages ont des saveurs extrêmement attractives en cas de besoin et tout aussi dissuasives à la limite de la surcharge, alors que les viandes domestiques ne font que passer à un goût moins attractif sans composantes rédhibitoires. Le cheval est à mi-terme entre le gibier et les trois animaux de boucherie classiques.

Le poisson et autres produits marins comestibles sont en principe sauvages et ne posent pas de problème alliesthésique. Le problème sera peut-être différent avec les poissons d’élevage sélectionnés pendant un grand nombre de générations.

Pratique

Un besoin de protéines se traduit pas une attirance olfactive et gustative augmentée pour les produits appropriés, il faut simplement veiller à faire défiler sur la table au cours des semaines des représentants de toutes les viandes, oeufs, poissons, crustacés, coquillages, légumineuses, arachides, oléagineux, etc.

Quelques règles simples garantiront un apport équilibré de protéines :

Quelques signes de surcharge de protéines :

Aux premiers signes repérés, il faut s’inquiéter d’un mauvais équilibre protidique et corriger sans tarder l’écoute du corps, tout particulièrement avec les protéines animales. Supprimer les viandes d’élevage, au moins pendant un certain temps, de manière à réapprendre une régulation correcte à l’aide des produits sauvages. Un choix plus large permet aussi de mieux cibler les sources de nutriments appropriés, et par là éviter des surcharges.