Plus d’un quart de siècle s’est écoulé depuis la découverte du virus du sida (HIV pour Human Immunodeficiency Virus), et aucun vaccin n’a été mis au point. La perspective d’un vaccin s’est amenuisée au fur et à mesure que l’on trouvait des formes différentes du virus, et aussi du fait que ce virus, contrairement aux virus courants, s’attaque directement aux lymphocytes censés assurer la défense antivirale. Les lymphocytes devraient donc diriger leur action destructrice contre ceux d’entre eux qui sont porteurs du virus : le système immunitaire se trouve en quelque sorte mis en court-circuit.
Face à cette entorse aux processus viraux et immunitaires classiques, doublée d’un échec médical lourd de conséquences, deux questions se posent, qui n’ont encore aujourd’hui pas été formulées ni soumises à expérimentation :
- N’y aurait-il pas lieu de réviser fondamentalement la théorie générale des virus en tant qu’agresseurs appelés à être anéantis par notre système immunitaire ?
- L’alimentation joue-t-elle un rôle dans le développement des maladies virales et notamment dans l’évolution et la gravité des infections dites opportunistes ?
On ne meurt effectivement pas de l’action du virus lui-même, mais des infections microbiennes ou des proliférations de cellules anormales, favorisées par la déficience immunitaire due à la raréfaction des lymphocytes. Toute l’attention des chercheurs s’est portée sur la lutte contre le virus. Il se pourrait qu’il s’agisse là d’une erreur de tir, et que le point crucial aurait été d’établir quels sont les facteurs de complications d’un processus viral qui ne serait en lui-même pas destructeur.
Par ailleurs, il est reconnu que l’alimentation est un facteur de risque majeur de cancer. Elle est aussi déterminante dans l’évolution des maladies infectieuses, fait moins connu, mais largement mise en évidence dans le référentiel instincto. Or, entre le moment où ces maladies ont été prises en charge par la recherche médicale, et le moment où le facteur alimentaire a été pris en compte grâce à une série de recherches dites « épidémiologiques », il a fallu attendre des décennies. Tout donne à penser qu’on assiste exactement aux mêmes atermoiements autour sida. Monde de la recherche, médecins praticiens, médias, malades, public, tout le monde semble se contenter du statu quo comme si les multithérapies et le latex apportaient une solution définitive au problème social et au problème théorique.
Certains faits restent pourtant inexpliqués lorsqu’on considère le virus comme un simple agent pathogène : de nombreuses espèces animales vivant dans la nature sont porteuses de virus homologues du virus humain et ne présentent pas les mêmes symptômes morbides. Même les primates, chez qui le virus est quasiment identique au HIV, par exemple le singe vert, ne présentent pas de troubles. Les primates élevés en captivité, dont l’alimentation est différente, présentent en revanche des troubles. L’influence de l’alimentation mérite donc d’être prise en compte, et l’on peut s’étonner du black-out de la recherche à cet égard. Il serait temps de tirer la leçon des retards pris antérieurement avec les maladies cardiovasculaires et le cancer. Faut-il attendre que des générations entières de patients aient croulé sous les traitements lourds jusqu’à la mort pour se préoccuper du facteur alimentaire.
On voit immédiatement que cette situation découle directement de l’occultation de la question fondamentale que l’instincto formulait déjà dans les années 60 : nos aliments quotidiens répondent-ils aux données génétiques de nos organismes ? Dans quelle mesure sont-ils responsables de l’évolution pathologique des maladies virales, qu’il s’agisse des virus courants ou du HIV ? Le simple fait d’expliciter cette question pourrait amener les esprits à enfin prendre la question de l’alimentation dans le collimateur. Peut-être ne trouvera-t-on aucun corrélation significative, mais au moins on le saura. Les résultats déjà obtenus empiriquement dans le contexte instincto donnent pourtant plus d’espoir.
Une série d’dobservations effectuée entre 84 et 89 ont montré une régression des infections opportunistes chez 22 sidéens avérés. Dans certains cas, ces régressions ont été spectaculaire, par exemple un eczéma géant surinfecté au staphylocoque doré, contre lequel aucun traitement médical se s’était montré efficace, qui est en tré en rémission quasi complète après quelques mois d’alimentation naturelle. Le tableau général se caractérisait pas des régressions systématiques des symptômes infectieux aussi longtemps que les patients respectaient les règles de l’alimentation naturelle, et par des rechutes tout aussi systématiques lorsqu’ils reprenaient, sous la pression de leur famille ou de leur médecin, une alimentation classique.
Cette période d’expérience a laissé entrevoir, contrairement à ce qui paraissait logique, que plus un malade est condamné par la médecine, plus il a tendance à se raccrocher à ses repères habituels, même si les faits lui démontrent qu’ils aggravent son état. L’une des thèses développées pour expliquer le paradoxe postulait que les sidéens, se sentant condamnés par la société, étaient victimes de pulsions suicidaires, contribuant à affaiblir leurs moyens de défense et à renoncer à toute méthode « antisociale » susceptible d’améliorer leur pronostic. Il semble plutôt que le changement d’alimentation, contesté par les médecins traitants et par les familles, les désécurisait d’autant plus qu’ils étaient déjà sujets à de fortes angoisses ; la reprise des habitudes alimentaires leur servait alors d’ancrage affectif, les reconnectant aux repères de leur enfance et de leurs images parentales. Cela n’a malheureusement pas suffi à juguler les maladies opportunistes qui les ont condamnés sans exception à une mort rapide, à une époque où n’existait encore aucune trithérapie.
À l’heure qu’il est, tout sidéen devrait appliquer le principe de précaution : utiliser les moyens médicaux qui ont fait de nets progrès, mais parallèlement corriger son alimentation en se donnant un maximum de chances du supprimer toute cause possible de dysfonctionnement. C’est évidemment une alimentation adaptée aux données génétiques de l’organisme qui peut au mieux leur garantir le succès.