Instincto et Traitements médicaux
Faut-il interrompre un traitement médical pour mettre l’instinctothérapie en pratique ?
La réponse est non, tout particulièrement lorsque le traitement a une importance vitale. En revanche, il arrive souvent que la pratique de l’instincto favorise l’action du traitement, ou simplement le processus naturel de guérison ; le résultat est alors que le médecin traitant est conduit ipso facto à diminuer l’intensité du traitement ou à l’interrompre.
Certaines personnes, déçues par la médecine ou animées par des préventions antimédicales, ont tendance à rejeter un traitement et peuvent voir dans l’instincto le moyen d’y échapper. Cet état d’esprit est dangereux, car il peut amener à prendre des décisions irresponsables. La précaution la plus élémentaire consiste alors à demander au médecin à quel danger peut exposer l’arrêt du traitement et à n’agir qu’avec son accord, de manière qu’il puisse contrôler l’état du patient pendant la phase critique.
Il ne faut toutefois pas confondre traitement et suppression de la cause. L’instincto consiste à éviter les facteurs alimentaires liés aux pratiques culinaires. Elle agit d’une part en supprimant de nombreuses causes de dysfonctionnement, d’autre part en permettant à l’organisme d’améliorer au mieux son état général et son potentiel de défense. L’expérience montre qu’elle est très efficace dans beaucoup de pathologies, prouvant du même coup que l’alimentation traditionnelle est un facteur pathogène dont les effets sont beaucoup plus répandus qu’on ne l’imagine.
Le principal problème que pose la médecine résulte de l’ignorance dans laquelle elle se trouve quant aux nuisances des pratiques culinaires. Ne prenant en considération ni les déséquilibres nutritionnels induits par l’altération des saveurs naturelles, ni les nuisances de molécules altérées par les préparations culinaires, ni l’inadaptation du lait animal et de ses dérivés au métabolisme humain, le médecin traitant ne peut que rarement mesurer l’efficacité d’une pratique alimentaire naturelle. Le dialogue est souvent difficile, vu que ces notions pourtant fondamentales ne sont pas enseignées dans les facultés et ne le seront probablement pas avant longtemps.
Le quiproquo le plus scabreux survient à propos de la distinction entre maladies vraies et maladies utiles. L’élaboration des traitements découle de l’interprétation des symptômes. Or, bien des symptômes sont en fait des réactions de détoxination. Comme la médecine ne prend pas en compte la présence de molécules anormales d’origine alimentaire dans l’organisme, elle est automatiquement amenée à combattre certains processus d’ordre essentiels pour la santé. Elle obtient bien souvent la disparition des symptômes, mais dans la mesure où le symptôme traduit un travail effectué par le corps pour rétablir son intégrité, le bilan final est négatif.
Le vrai traitement médical, lorsqu’il est nécessaire, consisterait à éviter l’emballement des processus d’ordre éventuellement mal contrôlés, comme une fièvre trop aiguë, un catarrhe gênant la respiration, une diarrhée trop irritante, etc. Il est toutefois extrêmement rare que l’organisme soit incapable de modérer ses propres symptômes lorsque la régulation alliesthésique et réplétive des apports nutritionnels fonctionne normalement et que la palette d’aliments disponibles est suffisamment diversifiée, notamment en végétaux dotés de propriétés phytothérapiques.
Exemples :
- Dans le diabète de type 1, il serait fatal d’interrompre l’insulinothérapie sous prétexte de corriger l’hygiène alimentaire. Il faut donc continuer l’application du traitement en contrôlant comme précédemment le taux de glucose afin d’ajuster le traitement. On constate généralement au bout de quelques jours une diminution de l’hyperglycémie, qui conduit automatiquement à réduire les doses d’insuline (pafois au quart de ce qu’elles étaient), tout en consommant librement les aliments riches en glucides (en fonction des signaux alliesthésiques et réplétifs).
- En cas de chimiothérapie, une alimentation naturelle permet de supporter beaucoup mieux les effets secondaires, évitant généralement les nausées et les vomissements. Il faut logiquement en profiter pour continuer le traitement, voire pour l’intensifier afin de mieux venir à bout des cellules cancéreuses. L’interrompre serait se jeter dans la gueule du loup, l’organisme n’ayant qu’un certain nombre de chances de rétablir ses défenses immunitaires assez vite pour prendre de vitesse la croissance tumorale. Certaines tumeurs se sont réduites spontanément sous l’effet du simple changement d’alimentation, mais on ne peut pas tirer de ces résultats positifs l’assurance d’une guérison dans n’importe quel cas. La position la plus raisonnable consiste à mettre tous les atouts de son côté.
- Contre l’hypertension, il a été constaté maintes fois que l’instincto améliore rapidement la situation, mais il serait dangereux d’interrompre brutalement le traitement de bêtabloquants : c’est au médecin de déterminer quelles sont les doses nécessaires en fonction de la tension artérielle. Il sera amené spontanément à réduire les doses au fur et à mesure que l’état du système circulatoire s’améliorera (il a été démontré qu’une correction de l’hygiène alimentaire permet d’inverser le processus athéromateux).
Le même schéma se retrouve dans pratiquement toutes les maladies : il appartient au patient de changer son hygiène alimentaire, cela relève de sa liberté (sauf rares contre-indications médicales), puis c’est au médecin de réduire les traitements en cours en fonction des améliorations constatées. Le patient est libre d’accepter et de refuser un traitement, mais il serait inconséquent de prendre des risques inutiles.
Il serait regrettable de tomber dans le piège de certaines médecines douces qui prétendent imposer l’arrêt des traitements allopathiques sous divers prétextes idéologiques. Toute idéologie doit être écartée pour laisser la place à une démarche parfaitement rationnelle : une amélioration du statut nutritionnel favorise l’état général, dont l’amélioration favorise à son tour les processus de guérison, mais les améliorations ne sont pas toujours assez rapides pour permettre une interruption des traitements en cours. Seul le médecin traitant peut en juger en connaissance de cause.
Pratique
Dès qu’un trouble ou un symptôme quelconque justifie un examen médical, il ne faut pas perdre de temps au nom d’une présumée omnipotence thérapeutique de l’alimentation naturelle. Si un trouble survient, c’est pour une raison bien précise qu’il s’agit d’lucider, par exemple :
- pratique défectueuse de l’instincto, comme une mauvaise écoute du corps, un mauvais choix olfactif, un dépassement systématique des signaux alliesthésiques ou réplétifs, une défaillance de l’approvisionnement, produits dénaturés, exclusion systématique de certaines classes d’aliments, etc.
- défaillance de l’organisme suite à une agression pathogène, surmenage, manque de sommeil…
- prédisposition génétique.
De petits signes révèlent parfois des pathologies lourdes de conséquences en l’absence de traitement médical ou si l’on attend trop longtemps pour se faire soigner. Le plus souvent, seul le médecin est capable d’interpréter correctement les symptômes et il serait stupide de renoncer à son aide. En revanche, l’interprétation dépend dans bien des cas du mode d’alimentation, et fait appel à des connaissances actuellement manquantes en médecine, comme le rapport entre équilibre alimentaire et douleur, la résistance aux infections, etc.
L’idéal est d’être suivi par un des médecins qui connaissent la méthode, dont on peut espérer qu’ils seront de plus en plus nombreux. En revanche, l’expérience a montré que la plupart des médecins allopathiques non informés sont réfractaires à la simple idée qu’un changement d’alimentation puisse avoir des effets majeurs sur les symptômes et l’évolution d’une maladie. Nul n’aime remettre en cause ses propres connaissances, et les facultés de médecine n’enseignent pas grand-chose sur les effets de l’alimentation, et strictement rien sur les effets d’une alimentation originelle.
Afin d’éviter des malentendus, vous pouvez demander une petite brochure de présentation de la méthode. Écrite en termes scientifiques, elle aura plus de chances d’emporter l’adhésion ou de rencontrer la tolérance de votre médecin traitant.